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L’abattoir mobile, allié du bien-être animal ? 

abattoir mobile

 

L’abattage est une grande question française. On ne veut pas le voir, car ça nous serre tous le cœur, voir des bêtes mourir, car on n’est pas des bêtes, mais il faut bien nourrir les français, et continuer la tradition des 365 fromages chère au Général de Gaulle. Ici, chez CowGestion, nous croyons qu’il existe un modèle mêlant agriculture traditionnelle et moderne, et surtout respectueux envers nos amies les bêtes. 

 

Appelée “transformation de la protéine animale” (sic), l’abattage en France est souvent synonyme de stress et de gaspillage. En effet, environ 50% de la viande sortant des abattoirs est détruite, et les centres d’abattage sont souvent situés à grande distance des exploitations. En plus du coût de transport, amener l’animal à l’abattoir est une grande charge de stress supplémentaire pour certains éleveurs. 

 

Cependant une méthode alternative conciliant la tradition (abattage à domicile) et la modernité (matériel répondant aux normes hygiéniques) est apparue en Suède il y a quelques années : l’abattoir mobile. Il se développe en France depuis quelques années, notamment par l’intermédiaire de l’association Le Bœuf Éthique ; c’est pourquoi nous avons voulu lui consacrer un article. 

Le problème avec les abattoirs centralisés

Les limites du modèles français d’abattage 

Pourquoi le système des abattoirs est-il peu durable ? Étape cruciale mais toujours difficile pour l’éleveur, l’abattage consiste à emmener les animaux aux centres d’abattage, souvent situés à plusieurs dizaines ou centaines de kilomètres de l’exploitation. Là-bas, l’animal patiente plusieurs heures au milieu d’autres bêtes. Après abattage, la viande parcourt encore plusieurs dizaines voire centaines de kilomètres avant d’être consommée. 

L’abattage en France pose donc aujourd’hui de nombreux problèmes : 

  • Transports interminables et inconfortable des animaux en camion (jusqu’à 500 km) 
  • Changement brutal d’environnement et rupture avec le groupe social
  • Manipulations et déplacements intempestifs 
  • Transports dans des centres d’allotement
  • Bruits et odeurs anxiogènes 
  • Cadences intensives d’abattage (jusqu’à 80 animaux par heure)

Les abattoirs contreviennent parfois aux principes du circuit court et de l’alimentation locale, instaurant des intermédiaires supplémentaires entre le producteur et le consommateur, ce qui conduit à des négociations réduisant les marges de l’exploitant. 

 

Les besoins en abattage de la chaîne agro alimentaire 

Il faut tout d’abord attester que les abattoirs actuels répondent à des besoins précis de la chaîne agro alimentaire. Il permet ainsi de : 

  • Garantir l’Hygiène du processus d’abattage 
  • Centraliser les animaux entrants 
  • Optimiser l’acheminement de la viande jusqu’aux centres de distribution
  • Faire des économies d’échelle sur la chaîne de production 

Les abattoirs sont utiles en tant que plateformes de centralisation et de transformation de la protéine animale. Grâce aux avancées technologiques, on parvient à allier le respect des normes sanitaires et les économies d’échelle. 

Cependant, avec l’abattage en abattoir, les frais de transports sont répercutés sur l’éleveur, plutôt que sur le distributeur. En plus des 1 à 3 euros par carcasse, s’ajoutent les frais de transport qui vont de quelques euros à plusieurs centaines pour un trajet allez-retour. 

 

L’abattoir mobile, solution pour plus d’éthique et de bien-être animal ?  

L’abattoir mobile, une solution venue de Suède

Si l’abattage à la ferme peut générer légèrement plus de frais de main d’œuvre, les avantages sociaux et humains qui en découlent font souvent pencher la balance. Les circuits courts sont plus que valorisés pour réduire les transports et augmenter la proximité. 

De plus en plus de jeunes éleveurs expriment le besoin de pouvoir abattre leurs animaux sur place sans devoir acquérir de dérogations, et en respectant les règles sanitaires. Il fallait une solution. 

Cette dernière, importée de nos voisins du Nord de l’Europe et approuvée par tous, est l’abattoir mobile. Dans un camion transformé en plateforme mobile parfaitement fonctionnelle et hygiénique, le bétail vit ses derniers jours à proximité de l’exploitation où il a grandi, ce qui réduit le stress, le coût et le temps de transport. Ainsi, l’abattage sur place contribue à augmenter le bien-être au sein de l’élevage, en conservant la proximité de l’éleveur et de la bête. 

Le Boeuf Ethique, un projet d’abattoir mobile en Côte d’Or

En France, Emilie Jeannin développe le premier abattoir mobile en Côte d’or. Cette éleveuse de charolaises en Bourgogne a constaté l’aberration des flux d’animaux vers les abattoirs en France. Désemparée de comment l’élevage industriel saccage les liens avec les animaux, elle cherche le moyen d’éviter le stress et la souffrance de l’abattage.  “On fait le sacrifice d’une vie pour avoir de la viande, mais il faut absolument que l’Humain et les animaux soient considérés”.

Lors d’un voyage en Suède en 2016, Emilie découvre un abattoir aux normes, qui réponde à toutes les conditions d’hygiène et de réglementation, et qui se déplace de ferme en ferme. Elle décide d’importer le modèle en France. “Pas de transport, pas d’attente, pas de stress, pas de souffrance, l’éleveur est présent et accompagne sa bête dans ses derniers instants de vie. Les animaux ne voient pas ce qui se passe dans le camion, et l’ambiance est très apaisée”, explique t-elle. 

Aidée par des associations, elle fonde alors Le Boeuf Ethique, premier projet d’abattoir mobile français. Le but du Boeuf Éthique est de fournir au consommateur une viande de qualité, permettre la juste rémunération de l’éleveur, et respecter le bien être des animaux de la naissance à l’abattage. 

Favoriser les circuits courts et le bien-être des vaches 

Autour de l’initiative du Boeuf Éthique, plusieurs organisations et associations contribuent également à faire connaître les voies d’abattage dans la dignité : 

Côté gouvernement, l’application de la loi Egalim 2 a permis plus de valorisation des circuits courts. L’abattoir mobile fait partie des éléments facilitant une meilleure intégration de la production agricole dans les écosystèmes locaux. 

Cependant, tout le monde n’est pas encore de cet avis «La loi Egalim nous a permis d’avoir des interlocuteurs dans les couloirs du ministère beaucoup plus à l’écoute de nos questions, mais cela ne règle pas tout, les pressions sont encore là pour tenter d’empêcher le projet», explique Emilie Jeannin, fondatrice du Boeuf Éthique. 

Vous aussi, agissez pour une agriculture plus éthique ! 

CowGestion est la première plateforme de financement solidaire par la location de vaches. Elle permet aux éleveurs bovins d’avoir des fonds accessibles afin d’améliorer le bien-être de leurs animaux. CowGestion est engagé auprès du collectif FAIR pour la finance solidaire, avec lequel il a signé la Charte du Bien Être animal. 

Vous pouvez soutenir directement une exploitation laitière ou vache à viande, en plaçant votre épargne dans un projet agricole d’élevage. En savoir plus sur CowGestion → 

Sources : 

La Cazotte, Le Monde, Abattage Alternatives, Le Figaro. , France TV InfoReporterre